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UFR DE PHYSIQUE
UFR 925

Nicolas Treps, cofondateur de la société CAILabs

 

Nicolas Treps, professeur à l'UPMC au sein de la faculté de physique, s'est vu remettre fin 2013 le prix Jean Jerphagnon pour son implication dans la fondation et le développement d'une société, CAILabs, dont l'objectif est de transférer dans l'industrie un système issu de recherches fondamentales en imagerie quantique.

C'est une démarche qui n'est pas si courante dans le domaine de la recherche universitaire en physique; aussi avons nous cherché à en savoir davantage en interrogeant Nicolas sur les conditions dans lesquelles cette démarche a été entreprise.

 

 

Nicolas, dans quelles circonstances as tu été amené à envisager la fondation de la société CAILabs ? Avais-tu auparavant participé à un projet de ce type ?

Cette démarche est aussi bien le résultat d'un concours de circonstances que celui d’une volonté de valoriser par tous les moyens notre travail. Lors de la thèse de Jean-François Morizur, en cotutelle avec l’université Nationale d’Australie, nous avons déposé un brevet sur la mise au point d'un dispositif d’optique qui pouvait avoir des applications intéressantes, principalement en imagerie nous semblait-il. Rien n’était bien clair à l’époque, mais Jean-François étant très motivé par les perspectives associées, nous n’avons pas hésité. Et puis, lors d’une école Erasmus Mundi où nous avons présenté ce travail, une personne d’Alcatel est venue nous parler du potentiel de notre invention pour les télécommunications optiques. Il n’en fallait pas plus pour que Jean-François me convainque que l’aventure devait être tentée !

 

C’est la première fois que je monte un tel projet, et il est clair qu’en tant qu’enseignant chercheur on ne peut pas faire cela tout seul en plus de notre travail habituel. Il faut donc s’entourer des bonnes personnes. De mon côté cela n’a pas été difficile, puisque Jean-François était parti après sa thèse travailler chez Boston Consulting group, afin d'étendre ses compétences à la gestion d'entreprise. Nous avons donc décidé de démarrer ensemble, tout en étant très clairs sur le fait que ce serait Jean-François le porteur principal et dirigeant de l’entreprise.

 

Avec Alcatel nous avons rejoint un projet européen nous permettant de financer le développement d’un premier démonstrateur et de payer Jean-François en tant que post doc. Et nous nous sommes très vite approchés de l’incubateur Agoranov (lié à l’UPMC) qui nous a fourni un peu de financement et beaucoup de soutien et de conseil sur la manière de bien démarrer dans le monde des start up !

 

L'équipe de CAILabs sur le site de l'entreprise, à Rennes

(au centre, Jean-François Morizur à côté de Nicolas Treps) 

 

Où en est le projet actuellement ? 

La société CAILabs a été crée en juin 2013, par 3 fondateurs (moi-même, Jean-François, et Guillaume Labroille qui nous avait rejoint en début d’année). Au delà de la mise en place du premier démonstrateur, la période a été très agitée pour nous : problèmes de propriété industrielle à régler, statuts de l’entreprise à mettre en place, et surtout fonds pour démarrer à trouver. Nous avons choisi de prospecter auprès de fonds d’investissements, compte tenu des potentialités du projet, mais également des risques élevés associés à notre invention. Et en novembre 2013, une levée de fond pilotée par le fond innovacom, et incluant quelques investisseurs privés, nous a apporté un capital d’un million cent mille euros.

De plus, à la rentrée 2013, il nous fallait quitter les locaux du LKB et de l’UPMC, alors que nous avions besoin d’espace pour les expériences. Nous avons donc décidé d’emménager à Rennes, où nous avons loué 170m2. Actuellement, l’entreprise emploie 6 personnes, dont 5 docteurs en optique et une gestionnaire. De mon côté, j’ai gardé mon statut de professeur à l’UPMC et apporte donc mon concours scientifique à l’entreprise.

 

Quelles sont vos activités et quels sont les débouchés envisagés ? 

Le système que nous avons développé permet de réaliser du « multiplexing spatial dans les fibres optiques ». Autrement dit, il permet d’injecter sans pertes (et c’est ça le point clé) plusieurs faisceaux indépendants à l’intérieur d’une même fibre, chacun des faisceaux se couplant de façon unique à un mode transverse bien déterminé de la fibre, dite fibre à petit nombre de modes. Il pourrait permettre, en cas de succès, de multiplier par 10 le débit dans les fibres, et entraînerait alors une refonte majeure des réseaux optiques (il faudrait poser de nouvelles fibres); c’est pourquoi c’est un projet risqué mais à très fort potentiel.

 

 

 

 Figure: Fibre optique à petits nombre de modes ou few mode fiber. Sont représentées à droite les formes transverses des faisceaux pouvant se propager simultanément et sans se mélanger, appelées modes transverses. Pour une fibre monomode seul le mode 1 peut se propager. Une fibre à petit nombre de modes peut transporter jusqu’à dix modes transverses et donc dix fois plus d’informations qu’une fibre standard.

 

Pour l’instant, nous fabriquons donc des multiplexeurs et démultiplexeurs spatiaux, en toute petite série pour les labos de R&D des grandes entreprises du domaine. En parallèle, nous continuons à améliorer le dispositif pour évoluer vers plus de modes et de meilleures performances. Nous avons reçu dès 2013 notre premier bon de commande.

Bien entendu, par rapport au "business plan" originel, beaucoup de choses ont changé, et c’est une bonne chose ! De nouvelles applications apparaissent, que ce soit pour la mise en forme des lasers de puissances ou pour l’imagerie. Et d’autres opportunités liées aux télécom se présentent. Il y a donc très largement de quoi occuper tout ce monde ! 

 

Que peut-on dire des perspectives économiques et quand serez vous fixés sur ce qu'elles seront réellement ?

Les perspectives dépendent vraiment à la fois du succès et des évolutions du marché. Mais disons que si les applications tiennent leurs promesses, le marché potentiel est très gros. Ceci dit, les développements techniques et commerciaux sont risqués. L’avenir est donc très incertain, mais plutôt dans le bon sens du terme !

 

Que sont maintenant ton implication et tes perspectives dans cette entreprise ?

En restant professeur à l’UPMC, je ne peux pas avoir de fonction dirigeante dans l’entreprise; j’y apporte donc seulement mon concours scientifique. Mais au delà de cela, les liens avec le LKB et l’UPMC restent très forts. Des accords ont par exemple été signés pour accélérer le transfert de propriété industrielle en cas de nouveaux développements. Et puis, le premier démonstrateur est encore au LKB; nous y travaillons ensemble et envisageons de démarrer une thèse CIFRE. Il reste encore plein de science intéressante à explorer !

 

Pour plus d'information sur CAILabs

 

Site du cailabs


 

Juin 2014 - 20/02/18

Traductions :

    Contact

    Campus Pierre et Marie Curie

    Tour 22-23, 1er étage

    Directeur : 

    Édouard Kierlik
                         
    (dir-facphysique @ sorbonne-universite.fr)

    Responsable administrative : 

    Christine Nemer (christine.nemer @ sorbonne-universite.fr)

    Tél : 01 44 27 44 48

    Webmaster : 

    Nathalie Suirco (nathalie.suirco @ sorbonne-universite.fr)

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